Les entreprises françaises implantées aux États-Unis vont-elles bientôt devoir payer jusqu’à 20 % de surtaxe ? Et si c’était le nouvel outil de pression préféré de Donald Trump ? En tant que journaliste économique, je me pose aujourd’hui les mêmes questions que beaucoup d’entre vous, entrepreneurs, salariés, ou simples curieux de la relation commerciale franco-américaine.
Tableau récapitulatif des mesures prévues par la réforme de Trump
| Mesure | Détail | Impact estimé |
|---|---|---|
| Surtaxe 2025 | +5 % sur les revenus étrangers jugés « injustes » | Touchera les entreprises et investisseurs français |
| Évolution annuelle | +5 %/an jusqu’à 2028 (max. 20 %) | Alourdissement progressif des charges fiscales |
| Cibles | France, UE, Royaume-Uni, Canada, Australie | Réponse à l’impôt minimum OCDE et à la taxe GAFAM |
| Impact concret | Dividendes, royalties, bénéfices, etc. | Rend le marché américain beaucoup moins attractif |
Quand l’économie devient politique
Il y a quelques années, j’ai accompagné un dirigeant de PME française lors de son implantation aux États-Unis. Il m’a confié récemment qu’il hésite à poursuivre ses investissements de l’autre côté de l’Atlantique. Pourquoi ? À cause de cette nouvelle réforme budgétaire américaine portée par Donald Trump, qui prévoit une surtaxe progressive jusqu’à 20 % sur les revenus générés par des entreprises étrangères dans le pays.
Ce n’est pas juste une menace dans l’air : la mesure a déjà été votée à la Chambre des représentants et attend encore le feu vert du Sénat. Elle s’ajouterait aux impôts déjà existants sur les sociétés, les dividendes, ou même les droits de licence. Un véritable coup dur.
Pourquoi la France est dans le viseur ?
C’est simple : pour Trump, la taxe GAFAM de 5 % votée par la France est une provocation. Elle vient s’ajouter à l’impôt minimum négocié à l’OCDE, ce qui suffit à déclencher la colère du président américain. Résultat : toutes les entreprises françaises, des géants du luxe aux groupes industriels, pourraient en subir les conséquences.
Et cela ne concerne pas que les multinationales : les investisseurs particuliers, les fonds de pension et même les entités publiques françaises sont aussi ciblés.
Quelles sont les réactions des entreprises françaises ?
Je me suis intéressé à la manière dont nos grandes marques s’adaptent déjà aux politiques protectionnistes américaines. Et voici ce qui ressort :
1. Augmenter les prix
- Hermès va répercuter intégralement les droits de douane sur ses tarifs.
- Kering (Gucci) préfère aussi protéger ses marges en relevant ses prix.
- Safran prévoit des surcharges tarifaires pour ses moteurs d’avion.
- Airbus, également touché, fera payer le surcoût à ses clients.
2. Délocaliser ou réinvestir localement
- Sanofi envisage des investissements supplémentaires dans ses usines américaines.
- LVMH pense renforcer sa production locale avec ses ateliers Louis Vuitton et Tiffany.
- SEB relocalise même une partie de ses productions vers le Vietnam pour contourner les surtaxes.
3. Réduire les coûts
- Renault a lancé un plan de réduction de coûts, reportant certains projets comme le lancement de l’Alpine aux États-Unis.
- D’autres groupes comme Air Liquide, Danone ou Thalès se veulent rassurants, en affirmant qu’ils sont peu exposés.
Un effet domino en perspective ?
Je repense à ce café pris avec un collègue de chez Bpifrance, qui m’expliquait que la fiscalité est devenue une arme géopolitique. Et cette loi en est une parfaite illustration. Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’effet domino : si d’autres pays adoptent une attitude similaire, où les entreprises pourront-elles encore s’implanter librement ?
Et que dire des PME ou startups françaises qui espéraient partir à la conquête du marché américain ? Pour elles, c’est peut-être la fin d’un rêve d’expansion internationale.
En résumé
Ce que propose Donald Trump, c’est une surtaxe pouvant atteindre 20 % d’ici 2028 sur les revenus des entreprises françaises aux États-Unis, en représailles à notre fiscalité jugée « injuste ». Cela pourrait pousser certaines à augmenter leurs prix, d’autres à relocaliser ou à revoir leurs plans de développement. Mais surtout, cela marque un tournant : l’économie mondiale devient un terrain de jeu politique, et les entreprises doivent apprendre à y naviguer avec prudence.
J’espère que cet éclairage vous a permis de mieux comprendre l’enjeu. Les entreprises françaises implantées aux États-Unis et surtaxées jusqu’à 20 %, c’est bien plus qu’un coup de bluff politique : c’est une réalité qui pourrait redessiner la carte du commerce mondial.

